La dérive politique du projet de loi « sécurité globale »

A la Une du Monde du 23 novembre.

«  Affaire Théo : la démonstration implacable d’une lourde série de manquements policier.

Après trois ans d’enquête, la Défenseure des droits publie une « décision » que « Le Monde » a pu consulter. La liste des manquements et des comportements contraires à la déontologie des forces de sécurité, à tous les niveaux de la hiérarchie, est longue. »

La lecture de l’article est sidérante. Si ce qui est expliqué décrit le réel (les vidéos-témoins, entre autres, ont en tout cas convaincu la Défenseure des droits publics), alors, il ne s’agit pas de comportements contraires à la déontologie, mais d’un acharnement d’un groupe de policiers contre un homme – oui, il est noir de peau, mais ça n’a rien à voir– qui ne présente aucune menace. Quelque chose comme un massacre à la matraque télescopique violemment enfoncée dans l’anus. Manquement à la déontologie ? Les séquelles, gravissimes, sont à vie.

Au-delà du fait lui-même, il y a le comportement de la hiérarchie qui, si ce qui est expliqué décrit toujours le réel, a couvert l’agression policière et en est donc complice.

Ce n’est certes pas nouveau.

Ce qui l’est ou le redevient, c’est que l’événement que constituent l’acte et sa couverture hiérarchique s’inscrit dans un projet de loi qui vise à interdire de manière sournoise les vidéos… sans lesquelles nous n’aurions pas la connaissance de cette affaire. Combien d’affaires semblables ignorées ?

Autrement dit, la démarche politique de « sécurité globale » du gouvernement dont l’objectif est d’occulter de tels actes d’agression en empêchant les témoignages pour ne donner crédit qu’à la parole policière, revient à permettre de légaliser l’illégal.

Et cet illégal n’est pas seulement l’agression contre un homme (non, j’ai déjà indiqué que le fait qu’il soit noir de peau n’a aucun rapport), mais la discrimination souterraine, insidieuse, rampante, nauséeuse, qui aboutit un jour à la désignation officielle de boucs-émissaires.

Ce jour-là est le signe du « trop tard ».

Bis repetita… L’intitulé « sécurité globale » est du registre du langage totalitaire. (cf. « article 24 »)

Cet article, comme l’autre, est ma pierre apportée à la protestation contre ce projet de loi et la dérive politique dont il témoigne.

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