Deux événements :
1 – En décembre 2022, à l’occasion du déplacement à Nice de Gérald Darmanin, alors ministre de l’Intérieur, la librairie niçoise Les Parleuses avait exposé en vitrine Impunité, le livre d’Hélène Devynck (affaire Patrick Poivre d’Arvor), et affiché plusieurs messages, dont « Impunité » et « Qui sème l’impunité récolte la colère ». Des policiers étaient venus arrachés les affiches extérieures et recouvrir les vitrines d’un rideau noir. Le tribunal administratif de Nice a annulé, ce 14 janvier 2026, la décision qui avait été prise alors de procéder à l’occultation de la vitrine.
2 – Le parquet de Paris a confirmé la perquisition mercredi 14 janvier de la librairie féministe et lesbienne Violette and Co pour saisir « des objets interdits à la vente » « , précisément le coloriage antisioniste et pro-palestinien intitulé « From the river to the sea ». La libraire qui ne le vendait déjà plus n’avait jamais été informée d’une quelconque interdiction.
Dans les deux cas, des policiers, en uniforme et en civil, sont intervenus en nombre et sans prévenir.
Rappel : le 10 mai 1933 – quatre mois après l’arrivée au pouvoir de Hitler et cinq ans avant la « nuit de cristal » – les nazis brûlèrent des milliers de livres estimés contraires à « l’esprit allemand ».
Relativement à la notion de peuple – objet souvent traité dans le blog – la première des 12 propositions justifiant l’autodafé est intéressante : « La langue et la littérature tirent leurs racines du peuple. Le peuple allemand a le devoir de s’assurer que la langue allemande et la littérature soient l’expression non corrompue de son identité nationale. »