Le Chant des Partisans contient ceci :
« (…) Il y a des pays où les gens au creux du lit font des rêves
Ici, nous, vois-tu nous on marche et nous on tue, nous on crève… »
Une manière de rappeler les mondes différents.
Je suis en Bretagne, j’écris une série d’articles sur une pièce écrite il y a 2500 ans et dans le même temps des enfants meurent de faim à Gaza.
Entre 1967 et 1970, il y eut une guerre civile au Nigéria après que le Biafra eut décidé d’être autonome. Le blocus mis en place par le gouvernement provoqua la mort de centaines de milliers de personnes et les images d’enfants biafrais squelettiques moribonds au ventre gonflé ont fait la Une des médias de l’époque.
Mais, là-bas, c’était une guerre civile, et c’étaient des Africains qui affamaient d’autres Africains.
Ici, c’est Israël qui tue en affamant – même D. Trump le reconnaît. Donc des Juifs tuent par la famine. Et certaines photos d’enfants palestiniens décharnés rappellent les photos d’enfants juifs décharnés des camps nazis. Des Israéliens ulcérés manifestent en brandissant ces photos d’enfants palestiniens.
Le gouvernement israélien dément (du verbe démentir) et accuse le Hamas. Il a bloqué l’essentiel de l’aide alimentaire, supprimé la structure d’aide onusienne, organisé un système qui favorise le chacun-pour-soi et conduit les personnes à se ruer sur les centres de distribution, fait tirer son armée sur les affamés, mais il dément.
Les Etats occidentaux ne parlent pas de terrorisme d’Etat israélien parce que le mot est réservé au Hamas.
Et quand la France dit, non par choix mais par défaut, qu’elle va reconnaître un Etat palestinien, quand est organisée sur ce sujet une rencontre à l’ONU, les Américains et les Israéliens refusent d’y participer au motif que c’est une validation du Hamas, alors que le Hamas est précisément le produit de l’absence d’un Etat palestinien dont le gouvernement israélien ne veut pas entendre parler puisqu’il est en train de détruire Gaza et de coloniser la Cisjordanie.
L’absurde, tel qu’il se manifeste ici et ailleurs, est, à l’aube de la création littéraire, une composante de la problématique du théâtre de Sophocle, d’Œdipe Roi en particulier. Là, l’oracle, ici, l’obscurantisme des évangéliques américains, des fondamentalistes juifs et palestiniens, entre autres.
Sophocle propose une issue. Donc, à suivre.