Ofer Bronchtein était invité du journal de 12 h 30 (France Culture – 22/05/2025) Il est cofondateur et président du Forum international pour la paix dont l’objectif est « soutenir toutes mesures concrètes visant à mettre en place les fondements d’une coopération future et durable entre les deux peuples [israélien et palestinien] ».
Le journaliste lui demande sa réaction à l’attentat commis à Washington qui a provoqué la mort de deux membres de l’ambassade israélienne :
« C’est une horreur. Qu’on soit propalestinien, c’est légitime, mais qu’on devienne antisémite ou anti-israélien et qu’on commette des actes barbares comme celui qui a été commis dans la nuit à Washington c’est absolument inacceptable. »
Ce qui est introduit par « mais » est le révélateur de l’intitulé de l’article. Selon les informations, l’auteur de l’attentat, un citoyen américain originaire de Chicago, a invoqué à plusieurs reprises la libération de la Palestine « Free, free Palestine ! » Rien d’autre.
L’identification de ce crime à un acte « antisémite et anti-israélien » revient donc à évacuer le traumatisme créé par ce qu’il se passe à Gaza. Il n’est pas difficile de comprendre comment le massacre systématique des Gazaouis par les bombes, la famine et la destruction du système de santé peut susciter une colère qui conduise à de tels actes dont la désespérance le dispute à l’absurdité. Il est inévitable que d’autres, tout aussi meurtriers, suivront tôt ou tard, en réponse aux crimes du gouvernement israélien qui, lui, pratique la terreur, mais qu’aucun gouvernent européen prompt à parler de terrorisme ne dit terroriste. L’ « absolument inacceptable » pour l’attentat de Washington devrait l’être aussi pour la politique de B. Netanyahou que dénonce ce monsieur, mais pas avec les mêmes mots.
Ce refus de prendre en compte le traumatisme de Gaza se manifeste un peu plus loin dans son discours [ « (…) la guerre à Gaza suite à l’opération barbare terroriste du 7 octobre »] qui « oublie », donc, ce qui, en amont du 7 octobre, a contribué (avec la responsabilité des Israéliens) à l’émergence puis à l’élection du Hamas.
Quel poids pèse ce Forum international pour la paix dont aucun des objectifs, n’est la reconnaissance d’un Etat palestinien ?