Journal -23 – le couteau – (23/02/2025)

Nous – individus et société – sommes en permanence traversés et sollicités par des flux que nous contrôlons plus ou moins, qui peuvent nous surprendre ou nous inquiéter et que nous sommes tentés d’expliquer par des à-côtés dont nous nous nous persuadons ou nous laissons persuader qu’ils constituent l’essence, le centre de ce que nous cherchons.
Ma contribution au Monde à propos de l’événement de Mulhouse où un homme d’origine algérienne a tué un passant et blessé cinq policiers :

« Un Algérien, un Tchétchène, un Syrien n’agresse pas des inconnus pour les tuer parce qu’il est algérien ou tchétchène ou syrien, mais parce qu’il est un individu « schizo » (grec schizein : fendre, séparer – cf. l’utilisation de couteaux –potentiellement, nous le sommes tous plus ou moins, nous sommes tous composés des mêmes strates ) pour lequel l’état de l’Algérie (dont son rapport avec la France), de la Tchétchénie ou de la Syrie (dont leur rapport avec l’occident) est un déclencheur et/ou un catalyseur. Si ce n’était pas le cas, et compte tenu du nombre des immigrés, ces actes absurdes qui trouvent une pseudo-rationalité dans la religion islamique (comme d’autres l’ont trouvée dans la religion chrétienne) ne seraient pas des exceptions. Faire de ces événements une affaire d’immigration est un déni utilisé à des fins politiciennes et dont les effets ne peuvent que contribuer à la décérébration (cf. le discours de D. Trump et de ses acolytes). »

B. Retailleau, ministre de l’Intérieur, a évoqué la schizophrénie (apparemment diagnostiquée) de l’homme et accusé l’Algérie d’avoir empêché à plusieurs reprises son expulsion.
Et là, on est dans l’à-côté que j’évoquais en préambule.
Le Principe de la France (Liberté Egalité Fraternité) exclut cette accusation en tant qu’ élément de l’explication et sur laquelle va se focaliser le discours de xénophobie (cf. nombre de commentaires de lecteurs du journal) qu’il va alimenter. Dans ces conditions, l’homme tué étant d’origine portugaise, autant demander au Portugal de nous envoyer plus de Portugais.
On touche ici à la perversion de la remise en cause du droit du sol qui, si il était explicité en tant que droit à l’accès à la culture induite par ce Principe, conduirait à dire que le meurtrier atteint de schizophrénie relève de nos soins parce qu’il est sur le sol français, et que notre histoire avec l’Algérie, autrement dit la problématique de la colonisation (jamais construite au niveau du pouvoir politique), peut être un facteur d’aggravation.

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