Philippe Poutou a été parachuté par le Nouveau Front Populaire dans l’Aude (député sortant RN) et François Hollande a imposé sa candidature dans la circonscription de Corrèze (député sortant LR) où il a été élu dans le passé.
Deux signes parmi d’autres de l’inadéquation de la réponse apportée par la gauche.
Philippe Poutou – il dit qu’il aurait préféré être candidat à Bordeaux où il est conseiller municipal et que devancer le RN tient du miracle – est l’expression d’un discours révolutionnaire/émotionnel qu’a incarné aux présidentielles de 2002 et 2007 (un peu plus de 4% des voix)) Olivier Besancenot, candidat de la Ligue Communiste Révolutionnaire, devenue Nouveau Parti Anticapitaliste. Arlette Laguiller (Lutte Ouvrière) l’avait précédé dans le même registre.
Quant à François Hollande, il fut pendant les cinq années de son mandat présidentiel l’incarnation du degré zéro du discours de gauche, au point de renoncer à une seconde candidature (élection d’E. Macron en 2017).
L’un attire la sympathie accordée à ceux qui prennent à cœur le malheur des exploités du capitalisme et dont la limite électorale est celle de l’analyse à l’emporte-pièce. Sa candidature a suscité une autre candidature, socialiste.
L’autre est (avec N. Sarkozy et E. Macron) l’incarnation du déni en politique et dont le seuil du tolérable est apparemment franchi.
La situation est telle que le RN est désormais l’expression installée du désarroi, quoi qu’il puisse dire ou ne pas dire. M. Le Pen vient de déclarer que les propos de la dame de Montargis (cf. article précédent) n’étaient pas racistes, alors que ses remarques sur les cheveux et la coiffure signifient le contraire. (voir la vidéo sur YouTube).
L’alliance « contre-nature » de ces deux candidats (en ce sens que le Nouveau Front Populaire s’exprime essentiellement par et pour un catalogue de mesures qui rappellent les choix inverses de celui qui fut un président de la République combattu et détesté, entre autres, par le NPA de Ph. Poutou) ne peut que produire un désarroi supplémentaire et renforcer le RN.
Autrement dit, quel degré de catastrophe politique, sociale, environnementale, faut-il atteindre pour qu’émerge le discours de l’équation capitaliste ?