« Emmanuel Macron, en visite à Annecy sur les lieux du drame, n’a pas souhaité qualifier l’attaque avant que la justice n’ait éclairci l’affaire. Il s’est contenté d’affirmer : « S’attaquer à des enfants est la pire barbarie qui soit. C’est ce qui nous a, je crois, tous bouleversés. »« Il y a des choses qui ne sont pas digérables. La violence derrière ces actes n’est pas entendable. Il ne faut pas qu’on s’habitue », a-t-il insisté. » (Le Monde – 10.06.2023)
Ci-dessous, la contribution de « Raphaël », la réponse de « MOK » et la mienne, à MOK – je partage l’esprit général de la contribution de Raphaël..
Raphaël : Il y a fort à parier que cet acte relève de la psychiatrie même si cela reste à l’heure actuelle une donnée inconnue. Donc l’indécence dans la récupération est à son comble. La droite et l’extrême-droite bien sûr, s’il y a encore une différence. Mais aussi Macron qui en profite pour s’écouter parler. Notons que le terme d’acte de barbarie a aussi un contenu judiciaire. Cette qualification ne s’appliquerait pas si l’individu a agi dans le contexte d’un épisode psychotique. Donc quand Macron nous parle de la plus grande des barbaries, même sans rentrer dans l’approche purement judiciaire, il évacue avant enquête la possibilité d’une irresponsabilité pénale. En effet, le crime d’un fou peut être horrible mais il n’y pas barbarie sans conscience de l’acte. Enfin, le lien de causalité entre son statut de réfugié et le crime commis est tout sauf établi. Le fait même de suggérer que cet événement puisse être l’occasion d’un débat sur la politique migratoire est une absurdité.
MOK : C’est le fait de s’attaquer délibérément à des enfants, des bébés, (cette intention la était première, tuer des enfants) laisse penser qu’il s’agit d’un acte prémédité et conscient, pas l’acte d’un fou. Ensuite la folie a peut être pris le relais lorsqu’il a poignardé des gens âgés. Vous vous baladez avec un opinel ds la poche? Pour couper une pomme peut être, pas pour egorger des gens. Ben oui c’est de la barbarie, et elle a évidemment des causes. J’ai lu L’Arabe du futur de Riad Sattouf, son enfance en Syrie. Il y a des choses qu’il relate qui sont très choquantes, d’une violence pour nous complètement improbable, ça montre au minimum une éducation aux antipodes de ce qu’on essaie d’inculquer à nos enfants.
Ma réponse :
> MOK : vous établissez un rapport de contradiction entre préméditation et « folie », un concept généraliste qui n’est plus trop utilisé aujourd’hui. La préparation et la combinaison d’actes, en tant que tels, ne sont pas des critères suffisants pour déterminer la santé mentale de l’individu. Les membres des Einsatzgruppen nazis qui, dans le cadre d’une pathologie collective, tuaient de sang-froid des enfants au motif qu’ils étaient juifs, n’étaient pas individuellement « fous » – certains le sont devenus après – , pas plus que ceux qui avaient planifié les massacres. Si, dans le cas qui nous occupe, le fait qu’un individu, seul, prenne de sa propre initiative – si c’est bien le cas – un couteau pour attaquer des petits enfants inconnus rencontrés par hasard, n’est pas le signe d’une pathologie mais d’un esprit sain, qu’est-ce qui fait que ce type d’acte individuel est l’exception rarissime ?