La désinhibition et le déni

Au cours d’un débat télévisé entre quatre listes candidates à la mairie de Marseille, Martine Vassal, tête de la liste « divers droite » (soutenue par Renaissance, le parti d’E. Macron), a déclaré que ses valeurs personnelles étaient  « Le mérite, le travail, la famille, la patrie» et qu’elles n’avaient jamais changé. Face à la stupéfaction – le maire sortant lui demande si elle se rend compte qu’il s’agit du slogan de Pétain, elle répond : « Oui, bien sûr. Et c’est mon slogan et ce sont mes valeurs. » (Le Monde – 20/02/2026)

Après assuré qu’il connaît peu de gens qui seraient en désaccord avec ces trois valeurs mais qu’assembler les trois noms dans cet ordre c’est « convoquer l’ombre de Vichy que ce soit conscient ou non », un contributeur du Monde explique que « le problème n’est pas dans le soupçon de sympathie pétainiste, mais dans une inculture politique sidérante, une maladresse crasse, un manque de présence d’esprit minimal pour quelqu’un à ce niveau de responsabilité. » Pour lui, la question n’est pas celle de l’intention, mais de ce qu’il appelle la « compétence minimale ». 

Ce propos est aussi sidérant que la reprise du slogan pétainiste, en ce sens que, pour ce contributeur et ceux qui l’approuvent, le problème n’est pas la désinhibition ainsi révélée quant à ce qui fut l’expression, antisémite, xénophobe, raciste et meurtrière, d’une « identité nationale » gravée dans le marbre, et de son corollaire « préférence nationale », mais une inculture et une maladresse.

Que n’a-t-elle évoqué, avec culture et habileté, et en les mettant dans un autre ordre, le labeur, la maisonnée et sa terre natale !

2 commentaires sur « La désinhibition et le déni »

    1. J’écoutais récemment sur France Culture un nouveau débat sur l’analogie avec les années 30. Y. Chapoutot et le journaliste animateur continuent à dire que les nazis n’ont pas obtenu le pouvoir par les élections de 1932 (j’ai publié un article pour expliquer en quoi le fait qu’il n’aient pas obtenu la majorité absolue n’était pas un argument suffisant), mais à cause d’une stratégie politicienne peu ou non consciente du processus qu’elle mettait en route. L’épisode que je commente ici révèle – par cette levée d’une inhibition majeure – qu’une partie importante de l’opinion est prête à accepter ce type de combine, même si le RN n’obtient pas la majorité absolue. Inversement, à la suite des dernières législatives, le président n’a pas nommé un ou une premier(e) ministre de gauche, alors que l’alliance politique de gauche avait obtenu une majorité relative.

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