L’énigme ( ?)  Epstein et le post-capitalisme

G. Erner (France Culture) invite régulièrement à écouter un podcast pour comprendre ce qui est présenté comme une énigme : comment J. Epstein, un homme d’origine très modeste (père jardinier, mère aide scolaire et femme de ménage) a-t-il pu devenir multimillionnaire, organiser un réseau de pédocriminalité et créer des liens durables avec ce qu’on appelle l’« élite » ?

Ce jeudi 19/02/2026, il invitait Laurent Jeanpierre, professeur de science politique (Paris I- Sorbonne – coauteur de Mondes postcapitalistes) et Romaric Godin, journaliste économique (Mediapart – auteur de l’essai Problèmes à trois corps) qui expliquent l’un et l’autre en quoi il est nécessaire de sortir du capitalisme, et comment.

Le rapport entre les deux problèmes ?

Le « capitalisme » en tant qu’acceptation d’une manière de vivre pour l’un, en tant que refus pour les deux autres, avec, dans l’un et l’autre cas, et dans des modes de fonctionnement opposés, un « je ne veux pas voir » conforté par l’assentiment du groupe.

J. Epstein est une des formes exacerbées – elle n’est pas exceptionnelle –   de l’acceptation du capitalisme. Sa dimension sexuelle (pédocriminalité, notamment) n’est considérée comme un crime que depuis peu : un type de discours sur la sexualité de l’enfant a servi de justification culturelle à une « élite » pour une pratique sexuelle dont elle n’a pas l’exclusivité – cf. l’inceste.

Quant à l’énigme de sa réussite ( Comment un homme d’origine modeste etc.?), elle n’est qu’un mot qui masque l’outil bien connu de la séduction dont l’homme a plus ou moins besoin en tant que sujet et objet pour être bien sûr qu’il existe.

Ce qui sert de passerelle avec le postcapitalisme.

Les deux invités et le journaliste tournent sans cesse autour de la question centrale qu’ils ne posent jamais. L. Jeanpierre et R. Godin reprennent l’analyse marxiste du fonctionnement du capitalisme, en particulier pour la création de besoins artificiels en tant qu’elle constitue la logique du système, ils évoquent l’insatisfaction, le journaliste demande « Qui sommes-nous pour dire les besoins essentiels des individus ? » et ils répondent par la réponse collective élaborée de manière démocratique, par les accords évidents sur la santé, l’éducation…

En quoi est-ce différent de l’utopie communiste dont ils ont constaté le fiasco ?

L’un d’eux expliquent qu’on se tape la tête contre les murs en cherchant des solutions internes au capitalisme.

C’est exactement ce qu’ils font en ne posant pas, via par exemple le questionnement de ce qui génère l’insatisfaction, la question de l’équation capitaliste [être = avoir toujours plus – problème de l’accumulation de l’objet comme stratégie de contournement et d’exorcisme], extérieure aux modes d’expression du capitalisme, anhistorique donc, et  propre au sujet humain confronté à la spécificité de sa conscience,  mais en limitant le fait capitaliste à la forme qu’il a prise depuis la fin du 18ème siècle.

Une impasse.

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