Catastrophe est un nom grec composé de deux mots : kata, qui indique un mouvement de haut en bas, et strophê, qui indique l’action de tourner. La katastrophê est donc un renversement, un dénouement (au théâtre).
Guerre ne vient ni du grec polemos (>polémique) ni du latin bellum (>belliciste, imbécile), mais du francique (germanique) werra. Allez savoir pourquoi le mot du nord a pris le pas sur les deux d’un sud qui savait pourtant ce que guerre veut dire !
Nous – les hommes d’aujourd’hui – sommes ou allons être dans l’une et l’autre, matériellement plus ou moins selon nos situations géographiques, psychologiquement plutôt plus que moins, comme d’autres en d’autres temps, pour ne pas dire les hommes et les sociétés humaines en permanence.
Il n’est pas nécessaire d’insister sur le signes qui en témoignent. Il suffit de citer les noms de V. Poutine et D. Trump pour que s’ouvre le champ des représentations, dont celui, tentant de l’absurde – mais absurde par rapport à quoi ?
Le Monde d’aujourd’hui daté de demain – non, ce n’est pas absurde – publie sur deux pages un article intitulé « Pourquoi la guerre ? » qui propose une synthèse des réponses apportées par les « penseurs » à cette « question déchirante ».
D’Aristote ( « Nous ne faisons la guerre que pour vivre en paix ») à V. Poutine («Votre fils lui, a vécu, Il a atteint son but. Cela signifie que sa mort a un sens », assure-t-il à une maman dont le fils a été tué en Ukraine) en passant par Hobbes (c’est dans la nature de l’homme), Rousseau (la cause est la société), Clausewitz (« La guerre c’est la poursuite de la politique par d’autres moyens »), Einstein (un petit nombre suffit à déclencher son processus) et Freud (conflit entre Eros – pulsion de vie – et Thanatos – pulsion de mort), la lecture permet cette réponse lumineuse à « Pourquoi la guerre ? » : on ne sait pas !
La catastrophe, ce n’est pas la guerre en tant que telle – elle en est une expression – mais ce qui conduit à son acceptation, repérable dans son commencement par un léger glissement du langage, comme ça, mine de rien, sur le terrain du discours, vieux comme l’humanité, du sacrifice, dans sons sens littéral de « faire sacré », dont l’objet est toujours le pays, la patrie. (cf. l’article « Perdre ses enfants » du 27/11/2025).
Depuis au moins 1914, on sait – selon le mot de Romain Rolland – qu’ « On croit mourir pour la patrie, on meurt pour des industriels », mais c’est un savoir qui ne sert à rien, pas plus que l’assertion de Marx « Les ouvriers n’ont pas de patrie » qui n’a empêché ni la guerre de 1870, ni celle de 1914, ni celle de 1940.
La seule chose qui puisse, à long terme, rendre la guerre sans objet, c’est savoir qu’elle est un des corollaires du refus – autre signe de la catastrophe – d’identifier et d’enseigner ce qui constitue le commun humain.
« Martin Peterson, professeur de philosophie à l’université Texas A&M, a été stupéfait d’apprendre mardi qu’il devait retirer certains enseignements de Platon de son programme. Selon un courriel de son chef de département, c’était l’un des moyens pour le cours de philosophie du Dr Peterson de se conformer aux nouvelles règles limitant les discussions sur les questions de race et de genre. » (NYTimes, 9 janvier).
Voilà où nous en sommes ….
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Merci pour l’information dont j’ai du mal à admettre qu’elle est vraie, tant elle vient contrarier une représentation des USA, représentation dont je sais qu’elle n’est pas seulement la mienne. C’est autre chose que le maccarthysme qui se justifiait par la hantise du communisme et se situait dans la logique de l’antagonisme de deux systèmes exclusifs. Là, c’est autre chose, puisqu’il s’agit non plus de combattre par la coercition un choix politique, mais, par sa limitation, d’interdire la pensée. Au-delà de l’absurdité, c’est l’expression d’une forme d’angoisse existentielle qui renvoie aux motivations de la majorité qui a élu D. Trump. Ce qui est nouveau – je rejoins la catastrophe – c’est qu’elle est devenue le discours dominant. Dans le meilleur des cas, il va finir par se casser la figure, dans le pire, conduire à la guerre.
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Les derniers événements à Minneapolis confirment la leçon que ce régime de terreur nous impose à nous tous, citoyens et immigrants confondus, à savoir que nous sommes gouvernés par des gens qui pensent que la vie est un privilège conféré par l’autorité et que la mort est une juste punition pour la désobéissance.
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Là, c’est l’expression du terrorisme physique à un degré inhabituel en ce sens que la personne tuée n’est pas noire.
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