En Une du Monde d’aujourd’hui, la photo en pied de D. Trump dans la salle Roosevelt de la Maison Blanche. Suffisance, morgue affichées sans la moindre tentative de nuancer ce qui ressemble à un jeu outrancier de comédien à moins qu’il ne s’agisse de celui d’un acteur.
Même si elle est importante, la psychologie de l’individu n’est qu’une composante de ce qu’il est et représente réellement.
Je posais dans l’article d’hier la question du message qu’envoyait la présence des anciens présidents démocrates – et celle de J. Biden – à la parodie de cérémonie d’investiture qu’ils cautionnaient ainsi.
Leur filiation avec Trump n’est pas essentiellement institutionnelle.
Les uns et les autres – démocrates ou républicains – sont élus pour être les garants du bon fonctionnement du capitalisme « mode US », la différence entre les deux partis ne concernant que la gestion sociale/sociétale de ce mode discuté par des voix que l’accusation de communisme rend inaudibles.
Le capitalisme, dans son principe, fonctionne par cycles d’ajustement entre ses divers composants, notamment industriels et bancaires. Le degré d’ingérence de l’Etat central en tant que régulateur varie selon les paramètres d’optimisation des capitaux dans le cadre de la concurrence et du monopole en tension permanente. Le monopole actuellement hypertrophié a de plus en plus besoin de dérégulation dans sa course de fuite en avant, ce qui explique pourquoi les grands patrons milliardaires (X, Amazone, Facebook…) se sont rangés derrière D. Trump, lui aussi milliardaire. Il n’est pas difficile d’imaginer la teneur de leurs discours quand ils sont ensemble, entre eux, sans témoin ni médias et qu’ils parlent tactique, stratégie électorales.
L’inconnue réside dans la dimension internationale de l’extension du monopole qui conduit D. Trump à vouloir contrôler le canal de Panama, annexer le Groenland et le Canada et à mobiliser le maximum de ressources notamment financières. D’où, à côté des retraits secondaires de l’accord de Paris et de l’OMS, la trêve « imposée » à Israël (tout ou presque est maintenant par terre et la reconstruction sera rentable) et le désengagement de l’aide à l’Ukraine (elle coûte cher, et pour quel retour sur investissement ?) en attendant le retrait de l’OTAN si le bénéfice l’emporte sur les risques.
Au premier plan, D. Trump joue le guignol provocateur désinhibé, un jeu destiné à séduire ceux qui ont besoin de s’identifier au bras d’honneur adressé prétendument aux « élites » – un leurre toujours efficace, comme le bouc-émissaire – , en réalité aux instances d’une régulation (elle est plutôt « démocrate ») dont le marché veut se débarrasser parce qu’il est engagé dans la fuite en avant.
Les citoyens qui ont voté pour lui en invoquant la patrie et la fierté d’être américain s’imaginent avoir voté pour l’extension de la liberté (cf. le réseau X d’E. Musk et les forer ! forer ! forer !), sans réaliser que sa réduction au « moi d’abord ! », individuel ou national, ( que celui qui l’incarne soit comédien ou acteur, peu importe) ne peut conduire qu’à son affaiblissement sinon à sa perte.
Le lien à la constitution américaine vient d’être supprimé sur le site de la Maison Blanche. Ainsi que les biographies d’Abraham Lincoln, Reagan, Carter, Obama et Clinton. Toutes les traductions en espagnol du site sur la prévention des violences par armes à feu ont été supprimées également. Le fascisme en marche.
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Merci.Pourquoi Reagan, à votre avis ? Parce qu’il était acteur, très moyen, et qu’il n’a pas occupé le haut de l’affiche ?
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C’est une bonne question. J’ai aussi été surprise mais avec Trump on peut s’attendre à tout. Il s’en est déjà pris à plusieurs Républicains dont Liz Cheney (pardonnée préemptivement par Biden), M. Pence, John Bolton (qui vient de se voir retirer sa protection par le Secret Service) et d’autres. Le temps des monstres est là.
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