L’article publié dans Mediapart a suscité quelques réactions, dont celles-ci :
1 – « On ne peut que réprouver les ultras quand ils en arrivent à se toucher mortellement. Un coup de pied d’ultra-gauche dans une tête d’ultra-droite est tout aussi révoltant qu’un coup de pied d’ultra-droite dans une tête d’ultra-gauche. »
Ma réponse :
Je suis évidemment d’accord. Je tente d’expliquer que la réaction émotionnelle et la condamnation sont non seulement insuffisantes, mais surtout inopérantes si, en même temps, n’est pas construite la problématique politique.
2 – « Mais pour quel type d’action était-il venu là où il a été agressé ? » Pour empêcher de jeunes femmes de se faire molester, sachant que l’ultra-gauche façon Arnault se permet les brutalités les plus sauvages (ses gants pourvus de coque, sa façon de traîner les femmes par les cheveux, ses coups de pied dans la tête) pour dissuader toute féministe contestataire de s’exprimer librement. En l’occurrence brandir une banderole critiquant l’islamisme de Rima Hassan pour qui les femmes juives du 7 octobre n’ont eu que ce qu’elles méritaient. Quentin était royaliste et de droite, mais aussi étudiant en mathématique et croyant dans une religion fondée, j’espère ne pas vous l’apprendre, sur l’amour universel. Il est mort. Vous faites partie de ceux qui l’habillent en nazi pour ne pas avoir à dénoncer le fascisme des nervis antifascistes. Vu la perspicace analyse critique de votre billet, je serais inquiet de vous confier ma fille en classe de littérature, si je le devais.
Ma réponse :
Vous noterez que l’habillement que vous évoquez n’est pas le mien, mais celui de Mediapart. Quant à la manifestation de Némésis, dirigée contre un événement (une parole) qui se déroule dans un lieu privé, elle est un acte physique qui court volontairement le risque de solliciter d’autres actes physiques. C’est l’enclenchement d’un processus de violence. Votre commentaire évoque d’autres questions qui demandent des développements, notamment l’amour universel dont il me semble que l’histoire a montré qu’il était plutôt très relatif, et c’est une litote. Le massacre du 7 octobre aussi, qui n’est pas un commencement, mais un moment de l’affrontement, depuis 80 ans, entre deux entités qui ont chacune leur responsabilité dans la persistance du conflit dont la dissymétrie des forces conduit l’une à détruire l’autre dans des conditions qui en rappellent d’autres.
3 – « Oui, elle n’est pas construite, et même, pour le malheur de tous, soigneusement évitée, et pas seulement par ceux qui en auraient la charge.
Le recours privilégié, habituel et hélas légal, reste la promotion et la pratique de l’exclusion résultant de cette « réaction émotionnelle et (de) la condamnation » que vous évoquez. »
4 – « Ce que nous dit d’une certaine manière l’auteur du billet, dont l’analyse me semble pertinente, c’est que mourir (pour ainsi dire « en uniforme ») à la guerre qu’on appelle de ses vœux conformément à une idéologie prônant l’exclusion, retire une grande part de sa gratuité à l’attaque dont on fait l’objet. La spirale de l’horreur précède l’acte violent qui l’illustre. Réalité que la classe politique ne traite qu’en prolongeant, voire en amplifiant, ses effets. En soufflant sur les braises.« Qu’ils viennent me chercher ! » claironnait un certain, autrement protégé… »