De là où vous êtes, ça ne se voit pas, oui, ou non, ça dépend, mais il n’empêche, je suis très énervé. Bon. Je me calme autant que je peux, ce n’est pas facile, et j’essaie d’expliquer.
Il s’agit de théâtre.
D’abord, les représentations théâtrales que j’ai aimées se comptent sur les doigts d’une main. Le Bourgeois gentilhomme – Comédie française (version filmée), 1958, Louis Seigner, Jacques Charon, Robert Manuel, Georges Chamarat, Jean Piat, Micheline Boudet, Marie Sabouret… – En attendant Godot – Théâtre de l’Atelier, 1985, Michel Bouquet, Georges Wilson, Rufus… – Dom Juan – film de Marcel Bluwal, Michel Piccoli, Claude Brasseur – auxquelles s’ajoutent des performances du Off au Festival d’Avignon. Quant à l’officiel, le In… je préfère ne pas.
Sur les autres doigts – que n’ai-je quatre mains… – nombre d’énervements qui me faisaient me demander si je n’avais pas un problème, un gros, dont le théâtre serait le révélateur. Au TNP de Villeurbanne, les sorties à l’entracte, à la Comédie française, Andromaque… mais mettre en scène le théâtre de Racine revient à vouloir représenter la musique par un jeu d’acteurs.
Je suis un peu plus calme.
La cause, ce n’est évidemment pas le théâtre, mais les metteurs en scène du théâtre – le dernier exemple, la représentation (2022) du premier Tartuffe, au Printemps des comédiens de Montpellier, selon Ivo van Hove pour la Comédie française. Comment a-t-elle pu accepter de jouer une telle altération – le mot est faible – de la pièce de Molière ?
Voilà que je m’énerve à nouveau.
Là, il s’agit d’Œdipe Roi. Quand j’ai entendu l’annonce ( Les Midis de Culture – 12 h 00 – 09/02/2026), vous imaginez combien j’étais excité de curiosité ! (cf. les articles publiés en juillet 2025).
Et puis, vous savez quoi ? Il ne s’agit pas de la pièce de Sophocle, mais d’une représentation théâtrale dont le thème est ainsi présenté sur la page de l’émission : « Pour sa première création solo, Eddy D’Aranjo s’attaque à la mythique pièce de Sophocle pour en extraire la thématique de l’inceste, très présente mais peu traitée. »
D’après l’extrait diffusé et les commentaires des deux critiques, « s’attaque», c’est le mot dirait le Saturnin Fabre de Les Portes de la Nuit – Marcel Carné – mais là, ce n’est pas du théâtre.
Vous voyez pourquoi je suis énervé ! Exploiter l’intitulé de la pièce de Sophocle pour traiter le thème de l’inceste qui n’a rien à voir avec Œdipe Roi ! À hurler.
Pour me calmer, je me dis que je devrais écrire un article.