Le tsunami de l’affaire Epstein

La question essentielle est celle du déclenchement.

Le fond de l’affaire (pédocriminalité) est connu depuis les années 2008/2009, quand J. Epstein fut condamné pour la première fois et inscrit sur la liste américaine des délinquants sexuels.

En gestation, le tsunami – l’étendue de ses relations révélées, et en partie seulement – n’a pas été perçu par ceux qui étaient concernés parce qu’il n’était pas possible, et c’est effectivement ce qu’il ne s’est pas passé jusqu’à aujourd’hui.

L’élément déclencheur est D. Trump en tant qu’expression publique désinhibée d’une désinhibition jusque-là contenue dans le cadre privé.

Cette désinhibition publique a été officialisée au moment où sa condamnation (affaire Stormy Daniels) n’a pas été assortie d’une interdiction de candidature politique.

Celui qui a été une nouvelle fois élu candidat du Grand Old Party – parti républicain – dont Abraham Lincoln est la figure iconique – puis une nouvelle fois élu président par une majorité populaire était donc un délinquant dont l’acte pour lequel il était condamné était lié à un problème de sexualité, et dont le discours général était à la fois vulgaire, obscène et misogyne.

Le tsunami n’est pas le fond de l’entreprise criminelle de J. Epstein, mais la manière dont ce qui ressortit à la loi, donc au droit, est ainsi divulgué en-dehors même de tout ce qui permet une information. Il s’agit d’un en-vrac connoté de chaos.

Ce qui se produit est, à un degré de déliquescence qui renvoie aux années d’avant-guerre, une illustration de ce qu’est le populisme, à savoir le mépris du peuple. La flatterie de l’opinion publique – en l’occurrence par l’État   – est un constituant de la fuite en avant, un cercle vicieux qui ne peut qu’aggraver le désarroi, la désespérance et les réponses suicidaires.

Je continue l’écoute des versions de La flûte enchantée et la lecture de Les Femmes savantes.

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