Le jugement du procès qui s’est tenu en automne 2025 a été rendu le 9 janvier 2026 : tous les prévenus, douze personnes de 75 à 89 ans, ont été condamnés à des peines de prison (3 à 10 mois avec sursis) pour avoir aidé à l’acquisition (interdite par la loi) par des personnes qui avaient décidé de se suicider, du pentobarbital, un barbiturique qui permet une euthanasie douce.
Le jugement ne concerne pas seulement l’acquisition de ce produit mais il se réfère aussi à la loi française actuelle sur l’accompagnement de fin de vie.
La juge a notamment indiqué que les membres de l’association s’affranchissaient de tout avis médical – ils ne sont pas médecins – et qu’ils ne pouvaient donc pas informer ceux qui demandent cette aide des options thérapeutiques possibles. Elle a également relevé l’incapacité des prévenus à répondre à « ce qu’il fallait faire face à une adhérent souhaitant mourir en raison de ses difficultés psychologiques ».
En réalité, ces remarques ne concernent pas les accusés, mais ceux qui demandent une aide pour mourir. La juge leur demande en quelque sorte : Vous êtes bien sûrs de vouloir mourir ? Vous êtes vraiment sûrs ?
Et pourquoi leur pose-t-elle cette question ? Pourquoi stigmatise-t-elle « la philosophie de liberté de mettre fin à ses jours sans condition, notamment d’âge ou de maladie [c’est la position d’un des membres de l’association], loin de ce que pratiquent la Suisse et la Belgique, et loin de ce qu’autoriserait la loi française si le texte en discussion était adopté et promulgué » ?
Ces considérations signifient que la question essentielle, celle du droit de disposer de sa vie n’a toujours pas été abordée, et que la problématique du choix (choisir implique et une renonciation et l’impossibilité du retour à la situation initiale) n’a toujours pas été construite.
Sous cet angle, ses commentaires – dictés par une idéologie ou fruits d’une pensée limitée – sont inappropriés.