Les discussions budgétaires à l’Assemblée nationale.

Les débats parlementaires sur le budget ne peuvent que contribuer à dégrader le rapport entre l’opinion publique et la politique.

Ils mettent en jeu des montants (centaines de milliers voire millions d’euros) sans aucun rapport avec ceux de la vie ordinaire, et les discours justificatifs de la gestion politique, quel que soit le parti, ne sont pas intégrés dans une problématique de la fiscalité.

L’impôt sur le revenu qui devrait être une des expressions fortes de la vie commune n’est pas payé par plus de la moitié des citoyens –   ce qui a pour effet d’anesthésier une partie du discours critique – et l’impôt indirect (TVA en particulier) est intrinsèquement injuste puisqu’il ne tient aucun compte des différences de revenus.

Le résultat est d’une part une singulière atrophie de l’idée même de communauté, d’autre part une justification par défaut des niches d’optimisation fiscale qui apparaissent comme l’équivalent, surtout pour une petite minorité fortunée, de la non-imposition du plus grand nombre.

Entre les ultra-riches et les plus pauvres, se trouve ce qu’on appelle les classes moyennes, sans qu’on sache trop quelle réalité exacte elles recouvrent dans leur diversité. Elles paient l’impôt sur le revenu dans un contexte inconfortable, puisque les optimisations fiscales dont elles peuvent bénéficier ne sont en rien comparables avec celles des ultra-riches dont certains parviennent à ne payer que très peu d’impôts, voire aucun, en exploitant les lois votées pour eux.

En d’autres termes, ces débats – souvent houleux mais sur des questions ponctuelles – apparaissent déconnectés de l’essentiel que représente le budget de notre communauté,  puisque nous ne sommes pas interpellés en tant que membres constituant cette communauté, mais en tant qu’individus, soit non-imposables jusqu’à tel seuil, soit imposables et rangés dans telle ou telle tranche d’imposition.

Nous sommes des contribuables non associés et il n’y a pas d’unité de peuple pour gérer ce constituant pourtant majeur de la vie commune.

 Il en irait tout autrement si tous les citoyens apportaient une contribution directe, mais ce serait un changement révolutionnaire en ce sens qu’il ajouterait à ce qui fonde le principe d’Égalité – notre communauté de conscience – une dimension politique.

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