La mort du discours

D. Trump a remis à Erika Kirk la médaille présidentielle de la liberté dont il a décoré à titre posthume son mari, Charlie Kirk, assassiné le 10 septembre, et fondateur de l’organisation Turning Point USA, chrétienne, raciste, xénophobe et réactionnaire (contre l’IVG, les droits civiques accordés aux Noirs…).

 Voici ce qu’il a déclaré :

« Charlie Kirk fut un martyr de la vérité et de la liberté. Et de Socrate à Saint Pierre, d’Abraham Lincoln à Martin Luther King, ceux qui ont le plus changé l’histoire – et ce fut vraiment son cas – ont toujours risqué leur vie au nom de causes dont la défense était le sens de leur présence sur terre. »

La mort du discours, c’est ça.

Ce n’est pas la personne politique de Trump qui constitue le problème, mais ce qui la rend possible.

Le spectacle qu’il a offert depuis l’Égypte en est un autre exemple : lui, au premier plan, parlant essentiellement de lui, les autres chefs d’État alignés derrière, souriant de complaisance – dont E. Macron, relégué au statut de petit garçon bien sage.

Autre exemple encore.

Aujourd’hui, dans Le Monde, parmi les contributions des lecteurs à l’article relatant le nouveau bombardement par l’armée américaine d’un navire au large du Venezuela au motif qu’il transportait de la drogue (six personnes tuées), certains applaudissent et ajoutent même qu’il faudrait faire la même chose pour les bateaux rapides qui circulent entre l’Espagne et le Maroc.

Là, le discours, c’est l’arraisonnement, l’arrestation, l’interrogatoire puis le procès.

Sa mort n’est pas seulement dans l’élimination du sens des mots et des idées, mais dans le fait que cet homme de près de 80 ans parle comme un adolescent sans interdits.

Un des signes de la régression dont la vitesse est analogue à celle du changement climatique et du développement du désarroi.  

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