La glorification de D. Trump

Un article du Monde (13/10/2025)explique qu’une opinion publique israélienne apparemment dominante considère le président américain comme un héros et un sauveur. Certains le comparent au roi perse Cyrus (6ème siècle avant notre ère) qui avait permis le retour des juifs retenus à Babylone.

Cette idolâtrie puérile qui oublie les neuf mois pendant lesquels D. Trump a aidé B. Netanyahou à poursuivre son entreprise de destruction de Gaza – combien de soldats tués, traumatisés, combien d’otages morts pendant ce temps ?  – , laisse croire que les décisions du président seraient dictées par la philanthropie et l’humanisme, comme, dans les discussions, la présence de son gendre Jared Kushner, un homme d’affaires qui vient d’acheter une île albanaise pour la transformer en hôtellerie de luxe et qui regarde Gaza avec le même œil d’entrepreneur immobilier que son beau-père.

Pourquoi les manifestations israéliennes à Tel-Aviv hostiles à la politique de B. Netanyahou et favorables à des négociations avec le Hamas ont-elles été vaines ? Pourquoi le gouvernement israélien a-t-il refusé les propositions de cessez-le-feu antérieures, mis fin, en février 2025 (D. Trump était président) à celui qu’il avait accepté le mois précédent ? Pourquoi a-t-il décidé de poursuivre l’opération de destruction jusqu’au champ de ruines ?

Ces questions existent forcément en Israël, même si elles sont pour le moment refoulées sous l’euphorie, une euphorie que les otages morts et la libération des prisonniers palestiniens frappent d’ambiguïté.

Si le processus continue, D. Trump va installer son « comité de paix » chargé de gérer Gaza à sa façon. Pour cela, il devra d’une manière ou d’une autre lâcher B. Netanyahou dont les comptes à rendre – entre autres, la corruption – risquent de constituer un obstacle au développement des siens.

L’aggravation du besoin du chef –  qu’il soit incarné par une personne condamnée par la justice ajoute l’idée du complot –  est le symptôme le plus grave de la pathologie collective en ce sens qu’elle contient la mort du discours.

Laisser un commentaire