J’ai lu les 20 propositions du plan de paix pour Gaza de D. Trump et B. Netanyahou. La question de l’Etat palestinien est abordée dans l’avant-dernière proposition, et de cette manière: « À mesure que le redéveloppement de Gaza progressera et si le programme de réforme de l’Autorité palestinienne est fidèlement mis en œuvre, les conditions pourraient enfin être réunies pour ouvrir une voie crédible vers l’autodétermination et la création d’un Etat palestinien, que nous reconnaissons comme étant l’aspiration du peuple palestinien. »
B. Netanyahou a dit et répété à maintes reprises qu’il ne voulait pas d’un Etat palestinien – le dernier projet de colonisation de la Cisjordanie a pour objet explicite de le rendre impossible – « À mesure que…. Si…. Les conditions pourraient… ouvrir une voix crédible vers… » évoquent donc la quadrature du cercle, ou alors, ce qui revient au même, elles sont l’expression de l’hypocrisie de la loi du plus fort.
La 2ème est un sommet de cynisme : « Gaza sera réaménagée dans l’intérêt de la population de l’enclave, qui a déjà suffisamment souffert. » Il n’est pas précisé si D. Trump et B. Netanyahou essuient une larme.
Le 18 propositions précédentes consistent essentiellement à évacuer les Palestiniens au profit d’un « Comité de la paix » présidé par D. Trump lui-même et en personne, puisqu’il rêve du prix Nobel de la paix, avec d’autres sommités internationales dont Tony Blair, remarquable, comme on le sait, pour son choix d’aider George W. Bush – sans mandat de l’ONU – à la recherche des armes de destructions massives irakiennes et aussi son désintéressement. Il aidera sans doute son successeur à réaliser sa Riviera sur le territoire de Gaza : proposition 10 : « Un plan de développement économique de [Donald] Trump pour reconstruire et dynamiser Gaza sera élaboré en réunissant un panel d’experts ayant contribué à la naissance de certaines des villes modernes florissantes du Moyen-Orient. De nombreuses propositions d’investissements réfléchies et des idées de développement passionnantes ont été élaborées par des groupes internationaux bien intentionnés et seront examinées pour parvenir à un cadre de sécurité et de gouvernance qui attire et facilite ces investissements, qui créeront des emplois, des opportunités et un espoir pour l’avenir de Gaza. »
Comme Les propositions et les idées sont passionnantes et que ceux qui vont les réaliser sont bien intentionnés, il n’y aucune raison de s’inquiéter.
Enfin, et ce n’est pas anodin (proposition 8) : « L’entrée de l’aide et sa distribution dans la bande de Gaza s’effectueront sans ingérence des deux parties, par les Nations unies et ses agences, ainsi que le Croissant-Rouge et d’autres institutions internationales non associées à l’une ou l’autre des parties. »
Autrement dit, une fois encore, ce n’est pas l’ONU qui mandate Trump, mais Trump qui mandate l’ONU. T. Blair est donc bien à sa place.
Le message ainsi envoyé est celui de la prééminence de la force sur le droit.