Le ministre de l’intérieur – B. Retailleau –, commentant l’agression meurtrière commise à Nantes par un élève de seconde contre ses camarades, évoquait notamment « le laxisme, la perte d’autorité ». Une jeune fille est morte poignardée de dizaines de coups de couteau, un jeune homme grièvement blessé.
Le Monde daté du 27,28 /04/ 2025 publie des photos des obsèques du pape : des cardinaux en habits et D. Trump avançant dans l’allée centrale de la basilique, son épouse au bras.
Vu la gravité, je me retiens de dire : et on s’étonne !
Je pose seulement la question évoquée dans l’intitulé de l’article.
Le laxisme pour expliquer un tel geste est une absurdité sans nom, un non-sens. Il faudrait en effet supposer un lien entre cet acte et un interdit. Mais quel interdit ? Du genre de celui-ci : « Mon fils, sache qu’il est interdit de tuer tes camarades en leur donnant des dizaines de coups de couteau ! Et sache encore que je sévirai si tu n’obéis pas ! » ? J’entends bien que les interdits supposés seraient d’ordre plus général, mais quel champ général d’interdits ou de d’énoncé de principes pourrait contenir l’hypothèse d’un tel acte ?
Le discours du ministre, par son absurdité, est précisément ce qui concourt au désarroi général dont cet acte est une expression pathologique extrême.
Quant aux jolis costumes des cardinaux et à la présence de D. Trump dont tout indique que la foi chrétienne est la cadette, sinon la dernière de ses préoccupations, ils sont, entre autres, les expression d’une des nombreuses contradictions entre les principes revendiqués et la structure censée les appliquer et les faire respecter. Il s’agit, au plus haut niveau des représentations de la référence et du pouvoir, d’un spectacle de détournement et d’hypocrisie qui contribue à pervertir les notions mêmes de repère et de sens.
Les fragilités multiples de l’individu, sollicitées par l’état des sociétés et des précarités de la vie planétaire, sont invitées à utiliser ce non-sens de plus en plus global comme exutoire.