J-F Colosimo, éditeur et essayiste, participait à l’émission « L’esprit public » de ce dimanche 13/04/2025 (France Culture – 11 h 00 -12 h 00), dont la seconde partie traitait de l’aide à mourir, donc de l’euthanasie qui n’en finit pas d’être débattue à l’Assemblée nationale.
Monsieur Colosimo est chrétien – la précision a son importance – et il est très souvent désolé, sans qu’il soit possible de savoir quel type de lien relie ces deux caractéristiques, s’il y en a un.
Il est chrétien et hostile au suicide assisté.
Extraits :
– « Le suicide assisté ça correspond, dans notre société, au sens le plus large, je suis désolé de le dire, à un homicide. » Est-ce que son « je suis désolé » signifierait que cette largeur de sens dénote une étroitesse d’esprit ?
-« Quel législateur peut réellement affirmer qu’une fois ce principe établi, il sera correctement exécuté et deuxièmement qu’il ne connaîtra pas une forme d’inflation, où la situation de souffrance sera finalement ramené à la seule subjectivité de la personne sans qu’il n’y ait plus de contrôle. »
Là, on touche à des sommets de la pensée. Le risque d’une maladresse technique est en effet un argument décisif – on se demande pourquoi la chirurgie est autorisée – et le « risque d’inflation » (je traduis = on va tuer à tour de bras) témoigne de la grande idée qu’a ce monsieur de ses congénères qui, si je le comprends bien, n’attendent que l’autorisation du législateur pour assassiner légalement les malades dont ils veulent se débarrasser. Quant à la fin de la phrase, elle est à proprement parler une ineptie : qui peut dire la limite de sa souffrance, sinon celui qui souffre ? Est-ce que monsieur Colosimo pense à une machine ou à une autorité qui déciderait jusqu’où la souffrance doit être supportée ?
Cela n’est rien.
Le pire, le voici : à propos de la maladie de Charcot dont il vient de dire qu’elle est « terrible » , il ajoute « C’est terrible ce que je vais dire et je prie tous ceux qui sont proches de tels malades de m’en excuser mais les associations qui regroupent les gens malades et leur entourage c’est 0,01% de la société française, je suis désolé d’avoir à dire ça, donc, voyez la gestion de la mort change complètement chez nous, l’incinération, les enfants qui ne veulent pas faire d’enfants et aujourd’hui cette loi, ce sont des signes de nihilisme profond et c’est ça le véritable fond du problème. »
Là, ce n’est pas un sommet, c’est un abîme. Ce monsieur, chrétien, qui, normalement, aime son prochain comme lui-même, tire un trait sur ceux qui souffrent de cette maladie (je vous laisse le soin d’aller voir sur Internet les conditions de fin de vie) en leur refusant le droit à l’aide active qu’ils pourraient demander, au motif qu’ils ne sont pas assez nombreux.
Ce qu’il ne dit pas, c’est la raison pour laquelle il est hostile à l’euthanasie, à savoir que la vie appartient à Dieu. Et il ne le dit pas parce qu’il n’est plus soutenable d’en faire une loi. Qu’il le croie, très bien, mais qu’il trouve des arguments contournés pour ne pas avoir à le dire, cela s’appelle de l’hypocrisie. Qu’il s’arroge le droit d’estimer ce qui est bon pour les autres, cela s’appelle du totalitarisme. Enfin, qu’il résolve un problème de souffrance par l’arithmétique, cela n’a pas de nom en ce sens que c’est innommable.
Mais bon, il est désolé.