Journal 111 – le mensonge et S. Paty – (27/11/2024)

Comparaît en tant que témoin – elle a déjà été condamnée l’an dernier dans un procès tenu à huis-clos –, la jeune fille (17 ans – classe terminale) qui, il y a quatre ans, a menti à son père pour cacher son absence au collège, enclenchant ainsi un processus qui a abouti à l’assassinat de S. Paty.

Son père, qui a alimenté la polémique par ses messages violents, est dans le box des accusés – il risque trente ans de prison – et elle essaie évidemment d’accentuer sa propre responsabilité (elle avait alors 13 ans…) pour diminuer celle son père.

C’est ce qu’explique l’article du Monde.

Certaines contributions laissent perplexe.

Trois exemples :

« Parfois, en lisant ce genre d’articles, on croit rêver. Dans quel monde vivent les journalistes qui écrivent ce genre de choses ? Dans un monde dans lequel on peut faire passer un prof assassiné, égorgé et décapité au second plan en plaignant les inculpés ? »

« Oui elle devrait vivre toute sa vie face à sa conscience si elle en a une, ce qui n’est pas certain vu sa défense manipulatrice. »

« Je n’ose pas imaginer qu’on impose à des enseignants de se confronter chaque jour à cette créature. »

Ma contribution :

S. Paty n’a pas été décapité à cause du mensonge de l’élève – il serait peut-être utile de lui dire qu’elle n’est pas coupable de cela – mais par un jeune homme de 18 ans qui a assassiné un homme qu’il ne connaissait pas au motif qu’il était professeur, et pour un acte dont la qualification de blasphème n’a aucun sens dans la société laïque. Si l’on cherche réduire ce qui peut contribuer à produire de tels actes criminels aberrants, et après l’assassinat de D. Bernard, peut-être faudrait-il rappeler que le principe de laïcité distingue le savoir commun – celui de l’école –  de la croyance privée, et poser la question du respect de ce principe : financement par la communauté d’écoles privées confessionnelles et participation du président de la République à des cérémonies religieuses, catholiques et juives, en tant que tel.

Une réponse :

« Elle a occupé un rôle décisif dans le processus ayant mené à l’assassinat : sans son mensonge originel, rien n’aurait été possible. Que cela se soit fait à son corps défendant est un autre problème. »

J’ai fait semblant de ne pas tout à fait comprendre en répondant :

Il n’est en effet pas possible de l’accuser a posteriori.  Une nuance : « rien n’aurait été possible» ;  si l’on essaie de se  représenter ce qu’il faut de perturbation pour en venir à commettre un tel acte, on peut imaginer d’autres déclencheurs –  cf. l’assassinat de D. Bernard.

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