Journal 106 – blocage – (06/1/2024)

En mai, D. Trump était reconnu coupable des trente-quatre chefs d’accusation pour délit de falsification comptable qui le visaient dans l’affaire Stormy Daniels (un actrice de films pornographiques avec laquelle il avait eu une relation et qu’il avait payée pour obtenir son silence) et il est sous le coup de plusieurs autres , dont l’incitation à l’envahissement du Capitole en janvier 2021 (procès fédéral) et la tentative d’inverser les résultats en Géorgie (procès de l’Etat de Géorgie).

Ce 5 novembre il est élu président des USA non seulement avec la majorité des grands électeurs mais avec la majorité des votants (ce qui n’avait pas été le cas en 2016 – H. Clinton avait obtenu plus de voix que lui) et son parti obtient la majorité au Sénat et à la Chambre des représentants.

Sa victoire est fondée sur un discours « positif » qui définit ce qu’est, aujourd’hui, le peuple américain (cf. Journal 105) et révèle en « négatif » un blocage de la pensée dont témoigne la défaite de K. Harris et du parti démocrate.

Le discours de D. Trump est « positif » en ce sens qu’il est l’équivalent – même si c’est son contraire – de celui des « lendemains qui chantent » et qui, a-t-il promis, chanteront dès le lendemain de son investiture pour « America first » (= moi d’abord).

En face, rien. K. Harris a mené une campagne-spectacle habituelle dont le cœur du discours était le rejet de D. Trump.

Seulement, la désespérance a besoin de ce paradis –  et d’un paradis d’une autre nature dans le cas du « terrorisme » – si elle n’est pas combattue par le discours du commun humain.

D. Trump a accusé K. Harris de communisme pour bloquer toute tentative d’évoquer ce qui pourrait faire penser à ce « commun » (cf. sa détestation de l’Obamacare) et s’il s’est défendu d’être fasciste – accusation de son ancien chef d’état-major reprise par la candidate – , c’est par la douce voix de son épouse. Cette accusation, loin de l’affaiblir, n’a pu que renforcer le chef sulfureux dont la personne/personnage sert d’identification pour le triomphe du « moi d’abord » pour tout et par tous les moyens, principalement dans les affaires – dont le glauque de la sexualité (cf. affaire Stormy Daniels) qui nourrit les fantasmes des hommes, les vrais, et de la femme de ces vrais hommes.

Le blocage du discours du commun est notamment illustré par le vote pour D. Trump d’anciens immigrés– j’ai entendu le propos d’une immigrée mexicaine devenue citoyenne US dire son accord pour l’expulsion de ceux qui, comme elle quelques années auparavant, tentent d’entrer aux Etats-Unis.  

Comment évoluera la dialectique entre le « moi d’abord » et le blocage du discours du commun non seulement aux USA mais dans le monde ?

Telle est la question.

La décision d’Antonio Gutterres de se rendre à Kazan, en Russie, pour le sommet des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine) – 24/10/2024 – , la manière dont il serre la main de Poutine et la faiblesse de sa critique de son invasion de l’Ukraine  en font partie.

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