Nous emportons toujours dans les longs voyages une valise de séries et de films. Ce qui implique que les maisons que nous louons aient un lecteur de DVD. Un lecteur en était de fonctionner, s’entend.
Le cottage dans lequel nous sommes revenus, dans la région du Burren – rien à voir avec le Daniel Buren des colonnes de la cour du Palais royal – juste au-dessous du Connemara, en a donc un. Il fonctionnait l’an dernier. Plus cette année.
Ce qui explique pour une part pourquoi nous avons regardé la première partie de la cérémonie de clôture des J.O. L’autre part, c’est la polémique qu’a suscitée la cérémonie d’ouverture. Autant voir par soi-même. La première heure seulement.
Je baisse ma voix qui n’est plus qu’un murmure : avez-vous remarqué la finesse avec laquelle, comme ça, mine de rien, je pars du Burren pour arriver aux JO ?
Donc nous avons entendu Zaho de Sagazan chanter Sous le ciel de Paris. Bon. J’aime bien sa Symphonie des éclairs, mais là, comment dire, ce n’était pas vraiment, pour mon oreille, la voix qui convient à cette chanson.
En revanche, La Marseillaise harmonisée par Victor le Masne et interprétée par l’orchestre Divertimento, ce fut… ou plutôt ç’aurait pu être….
Ma contribution envoyée au Monde – dont le compte-rendu est, comme celui de la cérémonie d’ouverture, dithyrambique – vous raconte la suite :
« Il a manqué aux multiples récits/tableaux de la cérémonie d’ouverture et aux nombreuses images/photos de celle de clôture, un « discours », autrement dit, une problématique qui évite l’enfermement de cette période dans une parenthèse que l’état du monde – Gaza, Ukraine, Soudan, nationalismes, climat…. – rend nécessairement surréaliste : la gravité et l’urgence empêchent désormais de faire comme si on ne voyait et on n’entendait pas. La Marseillaise, si bien dépouillée de son rythme et de son harmonisation martiaux habituels, était pourtant une belle introduction à ce qui aurait pu être la finale d’une cérémonie unissant dans ce rassemblement planétaire unique, les multiples couleurs des drapeaux, des vêtements et des peaux dans un « discours » d’ utopie universaliste, mis en scène, par exemple, à partir du spectre de l’arc-en-ciel, visible partout et par tous, et qui se rit des frontières et des différences. »