Tôt, ce matin – un pléonasme – pas de connexion sur mon smartphone (le cottage n’a pas la Wifi), aucun accès au site de France Culture pour le replay (traduction de « rediffusion ») des informations (les horloges irlandaises ont une heure d’avance sur les nôtres), rien, pas le moindre contact avec l’extérieur, sinon par l’intermédiaire de mes sens dont la portée est quand même limitée. Ça n’a duré que quelques minutes, oui, mais c’était comme une sensation de fin du monde ou alors la panique d’un Robinson accostant sur son île le lendemain du vendredi (j’aurais pu dire « samedi » mais il fallait qu’apparaisse « vendredi » pour que ce soit amusant façon clin d’œil).
J’écoute donc en replay le journal de 7 h 00 puisqu’il est 6 h 30 (vous suivez ?) et qu’entends-je ? Poutine n’a pas du tout aimé la cérémonie des JO dont ses porte-parole précisent même qu’elle est, d’après lui, le signe de notre décadence – du latin cadere, tomber.
D’abord je me réjouis. Vu la grandeur politique, éthique, tout simplement humaine du personnage, ce qu’il appelle décadence ne peut être qu’un essor.
Ensuite, je réfléchis – d’abord la sensation, le sentiment, ensuite la pensée, généralement c’est comme ça que ça marche.
Ce qui m’a réjoui en regardant le résumé proposé par Le Monde, c’est ce que j’appellerai une joyeuse utopie d’humanité commune. Et c’est bien ce qui suscite les réactions hostiles de ceux qui, de l’extrême-droite aux évêques, sont dans le déni de la réalité du commun humain qu’ils contournent par les subterfuges du repli sur soi et de l’immortalité, qui ne diffèrent que par la forme.
Ce que j’ai trouvé inadéquat – Marie-Antoinette décapitée et l’Hymne à l’amour – est le signe d’une faiblesse du discours sans lequel les tableaux-récits sont des juxtapositions, des unités isolées sur lesquelles peuvent se focaliser les critiques.
Autrement dit : à l’immanence de l’arc-en-ciel dessiné par la diversité des facettes de l’humanité représentées dans cette parade, manquait la dimension problématique de transcendance du commun humain, et sans laquelle le récit n’est qu’horizontalité.