La myopathie de Duchenne est une maladie génétique invalidante qui empêche la contraction des muscles, dont celle du cœur, et contre laquelle il n’y a aucun traitement. Elle est due à l’absence de la protéine qui permet le mouvement musculaire, la dystrophine.
Comme pour beaucoup d’autres choses, il y a le discours « C’est comme ça » « C’ » désignant la fatalité, la nature ou l’ordre des choses, Dieu, tout ce que vous voulez qui fige l’explication, sans doute pour tenter de bloquer le temps. C’est ce que dit, dans un domaine évidemment tout autre, la polémique déclenchée par la cérémonie d’ouverture des JO.
L’autre discours, le discours général dominant, c’est « Comment on peut faire pour réparer ? ». D’où la découverte du patrimoine génétique, puis, pour ce qui nous intéresse ici, l’identification de la dystrophine.
Problème : comment l’introduire dans l’organisme ? Il faut trouver un vecteur, mais sa taille ne permet pas l’utilisation d’un seul.
C’est là que se manifestent les ressors de l’ingéniosité quand est refusé le « c’est comme ça ».
La première solution – reproduction de la protéine en plus petit format – a fonctionné chez les souris, mais pas chez l’homme.
Une équipe de chercheurs de Seattle vient de trouver ce qui semble être la solution : découper la grosse protéine en trois et envoyer les trois morceaux avec trois vecteurs.
Problème : comment ces trois morceaux vont-ils pouvoir se rassembler une fois parvenus dans l’organisme ?
Réponse : en ajoutant dans les virus véhicules une molécule spécifique qui permette leur jonction et qui se dissolve ensuite.
La molécule a été trouvée (inéine) et l’expérience a réussi.
Ce qui veut dire qu’un jour, un incurable aura disparu.
Il y a des matins où les levers de soleil sont très beaux.