Journal 67 – Irlande 1 – (14/07/2024)

Je ne suis pas allé au défilé du 14 juillet  puisque je suis en Irlande et qu’il n’y pas de défilé du 14 juillet en Irlande. Cela dit, même si j’étais en France, je n’irais pas non plus au défilé parce que je n’aime pas les défilés. Vous avez remarqué que je répète les mêmes mots ? C’est curieux, ça sort comme ça. Curieux.

Comme le voyage. Vous vous endormez à Roscoff et vous vous réveillez au milieu de l’océan – enfin presque au milieu et puis vous n’êtes pas dans l’eau mais dans un ferry-boat – et quand vous débarquez, vous êtes en Irlande et il y a un panneau qui vous rappelle que la conduite adéquate, donc adroite, est à gauche. Les Anglais sont passés par là. Il y aussi un officier de la Garda (c’est le nom de la police irlandaise) qui contrôle votre identité parce que la frontière, c’est la frontière.

L’internet, lui, passe sans contrôle parce que c’est l’Internet et qu’est-ce qu’il me dit, là, à la Une de mon journal, ce matin,  après la première nuit irlandaise ? Qu’on a tiré sur D. Trump !

Je sais qu’on ne doit pas traiter l’événement avec légèreté – d’autant qu’un homme a été tué. Non. Même s’il s’agit de D. Trump. Oui. J’ai donc envoyé ce commentaire :

« C’est le meilleur ou le pire des scénarios qu’aucun scénariste humain n’aurait imaginé. Dieu (pour le pire)  ou le Diable (pour le meilleur). Au choix. »

Et puis, beaucoup plus grave : une frappe israélienne visant un chef palestinien a tué 90 personnes.

J’ai envoyé ce deuxième commentaire :

« L’étiquette « terroriste » appliquée au Hamas (et à ceux qui commettent des massacres analogues) a ceci de particulier qu’elle crée une explication illusoire, en ce sens que s’il y a une sidération, il n’y a pas de terreur (la vie continue). En revanche, les attaques d’Israël sèment la terreur permanente à Gaza (la vie ne continue pas), mais elles ne sont pas qualifiées de « terroristes » parce qu’elles proviennent d’un Etat que l’accusation de « terrorisme » mettrait sur le même plan que le Hamas, ce qui reviendrait à reconnaître que, si atroce et insupportable que soit l’attaque du 7 octobre, elle n’est qu’un moment du conflit qui dure depuis 80 ans et dont les deux parties (Israéliens/Palestiniens) sont coresponsables. »

Enfin, ce troisième en guise de réponse à une tribune intitulée « Le réflexe républicain du 7 juillet contre l’extrême-droite traduit la puissance politique d’un antiracisme universaliste » qui oublie quand même les 41,5% du RN au second tour des dernières présidentielles.

« Le problème : jamais ni le racisme, ni le colonialisme (la liste n’est pas close) ne sont objets d’un discours « philosophique » d’éducation  (= d’où vient ce besoin de créer des « races », d’établir des hiérarchies, de croire qu’il existe une « identité nationale » gravée dans le marbre, qu’ « on est chez nous » etc. ?) mais de slogans électoraux qui s’adressent à des passions aux effets variables selon les circonstances. Combien de citoyens-électeurs ont eu la possibilité d’un accès à la lecture de Montaigne ou Montesquieu ou Voltaire, entre autres, pour acquérir une connaissance qui aide à comprendre et à évacuer la tendance à croire que ce qui n’est pas « moi » est dangereux ? »

Bye.

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