« Premier de corvée »

C’est le titre d’un reportage d’Arte – disponible sur Arte.tv – réalisé en 2023.

Il concerne principalement Makam, un homme de 35 ans, malien. Il était instituteur dans son village qu’il a quitté parce qu’il ne gagnait pas de quoi vivre. Il a réussi à traverser la mer et – au début du reportage – il est sans papiers.  Il cumule deux emplois : plongeur dans une brasserie de luxe près des Champs-Elysées et livreur à vélo. Il est 3 heures du matin quand il rentre chez lui (bus et métro) après son travail de plonge. Une collocation dans un foyer. Il communique régulièrement par téléphone avec sa famille – ses parents, sa femme et son fils de cinq ou six ans – qu’il n’a pas vue depuis trois ans.

Avec d’autres, il est aidé par des militants de la CGT – en particulier Marilyne – pour l’obtention d’une carte de séjour qui dépend de plusieurs conditions, dont un document de son employeur qui n’est pas obligé de le fournir.

La CGT organise une grève des sans-papiers, comme lui, et le rapport de force est efficace – la chef de la brasserie dit qu’elle ne sait pas comment tournerait l’entreprise sans eux. Il faut voir son émotion (et celle de Marilyne)  quand il obtient sa carte de séjour, la joie de sa famille le jour où il revient au village pour deux mois, avant de repartir pour la France où il commencera une formation de cariste d’aéroport.

Le Monde (04/07/2024) publie un long article intitulé  « Coût de l’immigration : fausse idée, vrai moteur électoral du RN » et où les analyses de l’OCDE expliquent la neutralité budgétaire de l’immigration.

Il faut voir ce reportage et lire cet article pour mieux comprendre en quoi le RN est l’expression et l’exploitation d’une pathologie collective.

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