L’erreur, pour autant que ce soit une erreur, est le programme commun, tel qu’il vient d’être présenté par des porte-parole de la gauche unie, parce qu’il occulte le problème politique en le déplaçant sur le seul terrain économique et social et en faisant du président et de son gouvernement l’adversaire principal… qui a un genou à terre.
La question essentielle, première et urgente, n’est pas de mettre en avant des propositions (retraites, assurance chômage, smic, indexation des salaires sur l’inflation, réforme fiscale…) mais d’expliquer l’enjeu : stopper le développement de la pathologie collective qui s’exprime par le vote RN.
La liste de mesures non calées sur le discours de l’enjeu, renvoie au rituel de la « promesse électorale » qui suscite – je l’ai constaté dans les contributions du Monde – l’ironique « demain on rase gratis » et aux moyens de les financer ( taxation sur les superprofits, impôt sur la fortune…) que des voix « autorisées » estiment irréalistes et dangereux. « Faillite de l’Etat assurée dans six mois, assure un ancien poids lourd du PS » (France Culture – Journal de 18 h 00).
Mais, et surtout, elles entrent en concurrence avec celles du RN (promesses contre promesses), lui reconnaissent ainsi le statut « politique » et occultent donc l’enjeu, existentiel.
Un des signes de cette inadéquation est le soutien qu’apporte F. Hollande – il rêve d’un retour – qui ignore apparemment les bienfaits du silence.