Journal – 30 – théâtre (19/03/2024)

Bon. Je m’étais laissé emporter par l’enthousiasme, quand même relatif, mais enthousiasme quand même, des deux critiques (voir le journal d’hier).

J’essaie d’expliquer mon problème.

Suivez bien : rien qu’à entendre « d’après… Bérénice de Racine ou Hamlet de Shakespeare ou… tenez, Tartuffe de Molière », j’éprouve de fortes contrariétés, de celles qui font sortir d’un coup une urticaire géante (oui, urticaire est féminin) ou tomber les bras. Et quand on n’a que deux bras, comme c’est mon cas, il vaut mieux éviter.

C’est un élément de la dialectique.

L’autre c’est la voix qui me dit  : tu ne vas tout de même pas finir vieux con, dans le sens devenir gaga en marmonnant de fortes pensées du genre : de mon temps… y a plus de théâtre… y a plus rien… tout fout le camp… la jeunesse d’aujourd’hui… ah, les tartes de ma grand-mère…  et avec des haussements d’épaules convulsifs pour bien faire comprendre qu’on n’est pas content.

Je résous donc la contradiction en allant voir. Enfin, en disant que j’irais voir si j’étais à Paris. D’accord, je ne vais pas voir pour de vrai, mais reconnaissez quand même que c’est un discours d’intention qui n’est pas celui d’un… enfin comme je disais juste un peu plus haut en italiques.

La curiosité culturelle poussant fort,  j’ai décidé de relire sur Internet les critiques que j’avais déjà lues dans Le Monde, des deux spectacles : d’après Bérénice de Racine de Roméo Castellucci et d’après Hamlet de Shakespeare de Christiane Jatahy. Je me souvenais qu’elles n’avaient pas du tout la même tonalité que celle des deux critiques de France-Culture.

Je commence par Bérénice, et là, je tombe sur un compte-rendu – pas celui du Monde, non, attendez, je vais vous dire – que j’ai lu et relu en riant aux larmes – oui, non, les larmes n’indiquent pas toujours la tristesse, pas plus, du reste, que le rire n’indique toujours la joie, on le reconnaît à sa couleur jaune.

Alors : vous ouvrez Internet, vous tapez sur le serveur « Bérénice, Isabelle Huppert » et sous « A la une », trois entrées : Radio France (vous laissez), France Info (vous laissez) et Slate.fr « Bérénice avec Isabelle Huppert, un spectacle qui fait « hélas » déjà date ».

Cliquez, lisez, riez – je ne prends pas de risques – et demandez-vous ensuite si vous direz que vous irez à Paris pour voir le d’après Bérénice – l’auteur du compte-rendu, Jean-Marc Proust (je ne sais pas s’il a un lien de parenté ave Marcel, ce serait pas impossible) indique qu’à partir de 21 h 00 il y a beaucoup de fauteuils disponibles.

Les photos de lui sur Internet indiquent qu’il est nettement plus jeune que moi. Elles ne sont pas datées, mais elles sont en couleurs,  ce qui est quand même une indication. En tout cas c’est rassurant.

En tout cas (bis), ma lecture a transformé le potentiel « Si j’étais à Paris j’irais voir » (sous-entendu : ce serait possible) en irréel du présent : pas question d’y aller.

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