Hier, en fin d’après-midi – autrement dit nettement avant mon lever de ce matin dont je ne préciserai pas l’heure puisque, comme je l’ai déjà signalé, le récit du genre « la marquise sortit à 5 h 00 » n’est pas ma tasse de thé, bien qu’en l’occurrence, une marquise ne sortant jamais à une heure aussi matinale, il s’agisse du five o’clock tea time avec un nuage de lait – est arrivé dans ma boîte-mail un message de la responsable du « service idées » de l’Obs, le petit-fils du Nouvel Observateur auquel j’ai été abonné parce que j’aimais bien nouvellement observer.
Cette responsable m’annonçait la publication à venir de mon article « Emma Bovary est une pute ».
Pour ceux qui ne l’ont pas lu – je ne leur ferai aucune remarque désobligeante mais je leur poserai quand même cette question épicée « A quoi ça sert que je me décarcasse ? » : les guillemets et les caractères en italique indiquent que l’expression n’est pas de moi, mais qu’elle est citée dans une tribune publiée dans ledit Obs auquel j’avais envoyé mon article au cas où.
Au cas où est donc le cas.
J’ai senti un gonflement au niveau des chevilles, aussitôt appelé les membres de ma famille, mes amis, mes connaissances, mon boulanger, et écouté anxieusement les journaux de France-Culture, France-Inter et France-Info.
Pas un mot. Rien.
Je me suis dit que l’information était tombée trop tard dans les rédactions et que les journaux étaient déjà bouclés.
Ce matin, dès mon lever (voir plus haut) j’ai feuilleté compulsivement les pages du Monde, écouté attentivement les infos sur toutes les chaines-radio.
Rien. Toujours rien.
Si, demain, les médias persistent à dédaigner cette information culturelle majeure, j’écris à Rachida Dati.