Récréation ou se coucher plus souvent

Oui, le titre peut sembler bizarre. Je précise tout de suite qu’il ne s’agit pas de se coucher pendant une récréation ni d’une récréation pendant le coucher… encore que… à bien y réfléchir… Mais bon.

Non, sérieusement, voici de quoi il s’agit. J’ai un ami qui habite de l’autre côté de l’Atlantique, dans la Belle Province (ne pas hésiter à bien nasaliser le « in »…voilà… même encore un peu plus), autrement dit au Québec… Au fait, « belle » est-il à comprendre dans son sens réel de « belle » (genre – ben, ouais, c’est comme ça qu’on dit aujourd’hui – « Oh la belle meunière ! » – dans le cas où on regarde une meunière, sinon ça n’a pas de sens), ou bien dans celui, nettement moins réel, de « belle-mère » ? La question est d’autant plus délicate qu’il arrive qu’une belle-mère puisse être réellement belle…  Oui, bon, d’accord, c’était seulement pour ne pas trop noircir le tableau, déjà que… Bon. Et puis, j’ai bien précisé « il arrive que… » et « puisse ». Alors, hein !

Donc, cet ami qui a quelques problèmes de tuyauterie dans son intérieur – ben ouais, on a tous un jour où l’autre chez nous un truc genre qui se met à ne plus respecter le cahier des charges – et qu’il essaie de résoudre avec l’aide d’un plombier spécialisé. La réparation est en bonne voie mais elle traîne en longueur… Jusqu’au jour où…

C’était un soir d’hiver, le frimas éployait ses frissons sur l’hémisphère nord et la neige étendait son grand manteau blanc, il était 23 h 23, j’étais sur le point de me coucher, quand, mû par je ne sais quelle intuition, je décidai de consulter ma messagerie. Je découvris alors, ô surprise ! – ben ouais, quand je pense qu’il y en a qui rigolent quand ils entendent « intuition »… -, je découvris, dis-je, un message de cet ami m’informant qu’un pas décisif avait été franchi. Un pas dans le sens métaphorique du terme, bien sûr, étant donné la fluidité inhérente au contenu de la tuyauterie-plomberie qui évoque plutôt la brasse coulée que la marche.

Je répondis aussitôt que la nouvelle me réjouissait, puis me couchai incontinent. Pardon ? Non, incontinent dans le sens un peu vieilli, ben ouais, de « aussitôt » que j’ai déjà employé dans la phrase. Je ne supporte pas les répétitions. Ben ouais. Donc, je me couchai.

Cette nuit-là, je fis des rêves étranges et pénétrants de torrents qui coulent, de lavabos qui se débouchent, de glouglous d’abord timides puis intempestifs.

Ma vie reprenait peu à peu son cours normal, quand, hier soir, le frimas ayant cédé à la force éruptive du printemps (ouais bon, ben, c’est pas pour saboter la poésie bourgeonnante de la phrase, mais il faisait quand même genre pas très chaud, même plutôt frisquet, si vous suivez un peu la météo), il était 23 h 24, j’étais sur le point d’aller me coucher, quand je me sentis à nouveau mû par la même force à la fois irrépressible et intuitive… dont j’ai déjà dit tout ce qu’on pouvait en penser quelques lignes plus haut ! J’appuyai donc sur la gauche de ma souris pour ouvrir la messagerie et, ô surprise, et aussi un peu ô stupeur ! (ben ouais, l’autre fois, c’était 23 h 23) je découvris à nouveau un nouveau message de ce même ami m’informant à nouveau d’un nouveau pas métaphorique encore plus décisif. Genre, ça coule presque au top.

C’est alors que jaillit la question : y aurait-il pas un rapport entre la bonne nouvelle et mon coucher ? Parce qu’une fois, bon, je veux bien, mais deux, et à une minute près !

Que faire ?

Je me suis alors rappelé un cours de philosophie sur la méthode scientifique d’Auguste Comte. Le positivisme, c’est lui. On observe, on hypothèse, on vérifie. J’avais franchi les deux premières étapes. Restait la troisième.

Elle sera faite en deux temps.

1° Ce soir, je me coucherai à 23 h 25, demain à 23 h 26 et ainsi de suite, après avoir ouvert la messagerie, cela va sans dire. Pour que l’expérimentation soit probante, je la poursuivrai pendant 9 mois…  Pourquoi 9 mois ? Ah, ben, c’est que c’est un nombre qui me paraît convenir genre pour pondre une loi… Je mesurerai à chaque fois le degré de positivité des messages – s’il n’y en a pas je ne noterai rien – et je ferai, en fin d’expérimentation, le bilan appréciatif du taux de récurrence.

2° Je me coucherai plus souvent dans la journée (ce qui, soit dit en passant,  explique l’énigme très surprenante du titre de l’article, notez-le) et de manière aléatoire en décalant d’une minute à chaque fois parce qu’il est nécessaire de vérifier le rapport avec le moment de la journée.

Ah… Si quelqu’un voit quelque chose qui pourrait améliorer cette démarche scientifique,  qu’il me prévienne. Un peu avant 23 h 25.

Nous nous retrouverons ici, le 17 janvier 2022, à 14 h 15  pour le résultat.

D’ici là, ne vous risquez pas dans des aventures de corrélations hasardeuses. Mon conseil : ne repoussez pas l’heure habituelle de votre mise au lit, et, si vous n’aimez pas perdre votre temps, couchez-vous de bonne heure.

Quant à moi, j’ouvre ma messagerie et j’y vais. Il est 14 h 16. En France.

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