Affaires Georges Tron et Patrick Poivre d’Arvor

« Georges Tron condamné en appel à de la prison ferme pour viol et agressions sexuelles en réunion. La cour d’assises de Paris a dépassé les réquisitions de l’avocat général, mercredi, estimant que « la gravité des faits », la « persistance à nier » du maire de Draveil (Essonne) et « les pressions exercées sur les témoins et les victimes » justifient l’enfermement. » (Le Monde du 18.02.2021)

Extraits de commentaires :

« Le climat actuel n’est vraiment pas favorable à une justice sereine sur ces affaires. On est passé de l’indulgence excessive à la sévérité excessive, de l’impossibilité de la preuve à la preuve « par défaut »… On terminera par avoir un remake du « juge et l’assassin » ou de l’affaire d’Outreau. »

« Apparemment cette condamnation est surtout motivée par le nom de l’avocat (*) du prévenu en première instance. Ce n’est pas très glorieux pour la cour d’assises. »

* Eric Dupont-Moretti, devenu ministre de la justice

                                                           **

« Le journaliste Patrick Poivre d’Arvor, accusé de viol, se dit « révolté », sur Facebook. Florence Porcel a porté plainte pour viol contre l’ancien présentateur vedette du journal de TF1 : des accusations qu’elle dévoile dans un roman, « Pandorini », sorti début janvier. » (A La Une  du Monde. 20.02.2021)

Les deux affaires ont en commun une accusation de viol.

1° G. Tron, acquitté en 2018 – il a été réélu en 2020 maire de Draveil – vient donc d’être condamné en 2021 lors d’un second jugement d’appel sans que soient intervenus d’autres éléments dans le dossier.

Autrement dit, un jury déclare aujourd’hui coupable un homme qu’un autre jury a déclaré innocent deux ans plus tôt.

Le scénario aurait pu être inversé. Peu importe. La constitution du jury, populaire et tiré au sort – vous et moi – rappelle l’incertitude de l’intime conviction et le pouvoir de la parole.

2° P. Poivre d’Arvor vient d’être accusé de viol par une femme. Les très nombreux commentaires (ceux du Monde) que suscite l’accusation partent dans tous les sens. Pour la plupart, ce sont des règlements de compte personnels avec des représentations du journaliste, de la jeune femme, du machisme, du féminisme.

L’équivalent d’une procédure judiciaire (éléments à charge, à décharge, faits, accusation, défense, jugements) à l’exception de la présence de l’accusé et de l’accusatrice.

La question posée par ces deux faits est celle de l’information avant le procès.

Sans préjuger de rien, il est remarquable qu’une plainte déposée suffise pour que soit diffusé le nom de la personne accusée. Autrement dit, qu’est-ce qui différencie une information de la médisance ( ce que devient l’accusation en cas de non-lieu ou d’acquittement) ?

En quoi est-il important de savoir le nom de l’accusé avant l’instruction et l’éventuel procès ?

Quelques contributions :

« J’ai fait le calcul, en 2004 PPDA a 57 ans la jeune femme 19 , il pourrait presque être son gd père. Ils se rencontrent, on peut imaginer le trouble de cette toute jeune fille et l’impression que lui fait l’un des hommes les plus connus et les plus séduisants du PAF français de l’époque… Et tout ce qu’il trouve à faire c’est de se faire faire une p… par la jeune fille! Que doit-on en penser sur le plan moral? Même s’il la pense consentante! Car il n’a pas nié la relation sexuelle! »

«  Cette « info » n’a aucun intérêt. La justice doit faire son travail et en tirer les conséquences, ce n’est pas à « la rue » de décider quoique ce soit dans ce domaine. Après il sera toujours temps d’en tirer les conséquences au lieu de s’interroger maintenant sur des affirmations divergentes.

Donc des années de combat féministes, pour en arriver à ce nouveau paradigme moderne : il est impossible de s’assurer ou de prouver le consentement d’une femme, puisque tout ce qu’elle pourrait affirmer ou faire, y compris l’acte d’affirmer qu’elle est consentante, pourrait être le résultat d’un agissement sous « emprise ». Mesdames, une « emprise «  peut être tellement puissante, que même si vous êtes persuadée d’être tout a fait libre de vos actes, vous pourriez en réalité ne pas l’être du tout car c’est « l’emprise » qui vous fait croire cela. Et vous ne vous en rendriez compte que des décennies plus tard, voire jamais. En fait, le nouveau féminisme (qui est peut-être une misogynie inconsciente) plaide pour une mise sous tutelle des femmes. A un moment donné, il faudrait arrêter de parler des humains comme une espèce intelligente…nous ne le sommes pas. »

> Ma réponse : Entre dans le processus de la démarche d’intelligence, individuelle et collective, le paramètre de la dialectique. Considérez le discours « sur la femme » qui a prévalu pendant des siècles, sinon des millénaires et le moment assez récent à partir duquel il est remis en cause. Qu’avait de rationnel ce discours collectif ? Dès lors, il n’est pas étonnant, il est même de l’ordre de la nécessité de la confrontation, qu’il se voie opposer un discours collectif qui souffre lui aussi d’irrationalité. Il faut du temps pour trouver un équilibre, relatif lui aussi.

Michel29 : « Je crains que, comme tant d’autres, cette dame ait « couché utile » sans enthousiasme en 2004 pour faire avancer ses affaires. Et je suis étonnée qu’elle ait pu accepter de se retrouver seule avec son « violeur » en 2009. Tout ça ne tient pas debout. Je méprise PPDA à cause de son interview bidon de Fidel Castro et de ses biographies qui sont largement des plagiats, mais là je pense qu’il est victime de calomnies. »

« Entre les accusations d’une femme qui dit avoir été violée par un type de pouvoir, je veux croire à priori celle qui l’accuse ! »

Ma contribution, en guise de réponse :

« Je veux croire a priori  » dit Michel29. En l’occurrence, ne s’agit-il pas de savoir ? Le pouvoir, quel qu’il soit, use de démesure, on le sait, et on sait aussi,  au moins depuis La Fontaine, que pouvoir et  justice entretiennent des rapports de privilège. Une autre démesure.  Les réseaux sociaux du 21ème siècle  contribuent à réduire les abus dénoncés par le fabuliste du 17ème siècle, mais leur puissance pose la question d’un nouvel équilibre. L’information judiciaire ainsi  rendue publique (avec le nom de l’accusé) est une démesure  qui peut se comprendre en raison du « pouvoir » historique évoqué ci-dessus, les réactions des internautes en sont une autre qui s’explique par les mêmes raisons, mais il est également important de ne pas perdre de vue le sens de la confrontation – transitoire – entre  ces deux démesures de pouvoirs différents.

2 commentaires sur « Affaires Georges Tron et Patrick Poivre d’Arvor »

  1. Cela va trop loin; et je n’aime pas ces accusations en rafale.
    Par ailleurs, il était inopportun de déprogrammer un film TV où Richard Berry est un des interprètes.
    Il faut se souvenir du cas gravissime du maire de Vence.
    Cordialement

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